
Il est urgent d’apporter de nouvelles réponses
La question de la solidarité est au coeur du projet du logement social tel qu’il a été pensé par ses créateurs. Il a notamment été conçu dans une logique d’économie sociale fondée sur la solidarité des acteurs et la mutualisation des risques incluant la gestion de l’épargne populaire, en opposition à une logique de marché et de concurrence. Ainsi, la solidarité est un élément important du fonctionnement du logement social puisque sa pérennité doit être assurée quelque soit les difficultés des habitants.
Mais le peu de rotation des ménages dans le logement social (moins de 6 %) et le faible taux d’attribution par rapport à la demande (12 % des demandes satisfaites à Plaine commune habitat en 2007) rend l’accès au logement social aujourd’hui très difficile, l’empêchant ainsi de jouer pleinement son rôle.
Cela s’explique tout à la fois par l’explosion des demandes de logements (8 343 demandes en 2007 à Plaine commune habitat contre 7 558 en 2006) due à l’arrivée importante des classes moyennes pour qui le logement privé est devenu prohibitif, l’augmentation des relogements dans le cadre des opérations d’aménagement (ANRU), la précarisation des demandeurs qui se retrouvent exclus du logement social car incapables de payer les loyers d’une Habitation à loyer modéré (HLM^)… La solidarité du logement social s’en trouve fortement mise à mal.
Pour répondre à cet enjeu, il faut bien sûr exiger que l’État assume sa part de solidarité en appliquant la loi SRU (Solidarité renouvellement urbain) ou en finançant plus de construction de logements mais il faut aussi que la région s’y mette. Jusqu’à présent la région Île-de-France n’a pas su impulser une véritable politique de construction de logements sociaux puisque 400 000 demandes ne sont toujours pas satisfaites. En effet, en IDF on construit 40 000 logements par an, or il en faudrait 70 000. Les collectivités territoriales et les bailleurs ont également leur part de responsabilité. Si l’on prend les deux extrémités de la liste de demandeurs de logement, il nous semble que des solutions locales peuvent être apportées, c’est l’objet de ce dossier qui propose des pistes de réflexions et d’actions.
Dominique Carré
Président du groupe des conseillers Verts, Socialistes unitaires et Citoyens de Plaine commune





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