
L’écologie au cœur de la dynamique soutenable et solidaire du territoire de Plaine Commune
Intervention de Dominique Carré, président du groupe des conseillers Verts, Socialistes indépendants et Citoyens, le 15 avril 2008 lors de l’installation du conseil communautaire de Plaine Commune
Préambule
Nous assistons en ce mardi 15 avril 2008 à l’installation du Conseil communautaire qui présidera aux orientations qui seront mises en œuvre pendant les six ans à venir. Les conseillers qui y siègent ont été, encore une fois, désignés par les conseils municipaux des différentes villes qui composent le territoire de Plaine commune. Cette désignation au second degré pose problème. Nous le déplorons car, pour les conseillers Verts et Citoyens, cette façon de fonctionner n’est pas satisfaisante puisqu’elle fait des communautés de commune ou d’agglomération des lieux à part où ne s’applique pas la démocratie élective directe. Nous le regrettons d’autant plus que le passage de communauté de commune à communauté d’agglomération, a engendré le transfert de très nombreuses compétences des villes vers Plaine commune. Ainsi, c’est au niveau de la communauté d’agglomération que se décide dorénavant les grandes politiques territoriales et d’aménagement, mais aussi la gestion quotidienne des espaces publics. Nous formulons, ce soir, un vœu : que cette façon de faire soit la dernière et qu’en 2014 les conseillers communautaires soient enfin désignés au suffrage universel direct.
Le pari du qualitatif (2001-2008)
Lors de la mandature écoulée, au principe du « Plus communautaire » mis en avant par l’exécutif de Plaine Commune, les conseillers Verts et Citoyens ont proposé un autre positionnement : favoriser « Le Mieux communautaire » ; dont le projet était de retrouver une qualité de vie, une solidarité active et de la dignité. Après un long travail pédagogique fourni dans les différentes instances de Plaine commune (bureau, bureau délibératif, conseil communautaire, commissions, G13… ) et auprès des personnels administratifs et techniciens, ce positionnement a sensiblement progressé. L’adoption du Plan Communautaire de l’Environnement, qui a été élaboré en co-production avec les acteurs du territoire, en a posé les fondements.
L’écologie au cœur des projets communautaires (2008-2014)
Le Plan Communautaire de l’Environnement ne doit pas rester un plan parmi tant d’autres, il doit au contraire irriguer tous les projets développés afin de mettre l’écologie au coeur de la dynamique soutenable et solidaire du territoire de Plaine commune. Ceci nous paraît d’autant plus nécessaire et important que :
la population ainsi que les agents de notre administration territoriale sont en attente d’orientations politiques fortes ;
dans les années à venir, des infrastructures et aménagement vont voir le jour et façonneront, structureront notre territoire pour des dizaines d’années (tramways, tangentielle nord, aménagement de la Porte de Paris, de la zone des Tartres, ZAC d’Aubervilliers…).
Il revient aux conseillers communautaires de travailler dans un esprit constructif et participatif pour que le Plan Communautaire de l’Environnement soit au cœur de tous nos projets. A cet effet, nous préconisons de tenir, dès le mois de septembre, un séminaire de réflexion qui permettra aux élus, puis par cercles concentriques, aux agents communautaires de co-construire, en lien avec la population, cette communauté de destin soutenable, équitable et solidaire.
4 priorités principales pour la mandature
a- Repenser notre mode de développement économique
La richesse fiscale produite par les entreprises qui se sont implantées avec leurs personnels, favorise une entrée d’argent significative qui autorise une redistribution financière permettant d’atténuer les inégalités socio-économiques et de réparer les cicatrices territoriales. Cette politique positive, qui a permis une redistribution, a malgré tout un inconvénient majeur : elle apporte de l’emploi mais pas ou peu de travail. Alors que la courbe des emplois est en croissance sur le territoire, la courbe du chômage ne s’infléchit pas au même rythme. L’offre d’emplois générée par l’implantation d’entreprises extérieures enrichit trop faiblement le taux d’emplois sur place et fonde une logique divergente. On a, ainsi, un territoire riche en emplois et pauvre en travail.
Il serait nécessaire de compenser cette politique de développement exogène par un effort soutenu pour stimuler un développement plus endogène. C’est-à-dire mettre en oeuvre une politique qui parte des atouts de notre territoire et du génie créatif individuel et collectif des hommes et des femmes qui le composent afin de favoriser des emplois et du travail durables. Ce modèle alternatif de développement dépend de la capacité de Plaine commune à mobiliser toute cette richesse pour desserrer les contraintes et élargir les marges de manœuvre à travers des démarches actives d’accompagnement. C’est ainsi que l’on peut enraciner une économie soutenable et engendrer du travail pour les population qui habitent notre territoire.
b-Modeler un aménagement urbain, écologique, solidaire et équitable
Favoriser les liens entre des territoires qui s’ignoraient aux marges des communes en réparant les blessures du passé et modeler une composition urbaine intégrée qui respecte la diversité et l’histoire des infra-territoires sont nécessaires d’autant que se profilent des projets comme celui du Grand Paris. Le projet technocratique du Grand Paris, disons le clairement, ne nous satisfait guère puisqu’il favorise une extension de la capitale en proposant de développer des gestes architecturaux pour mieux relier Paris aux communes limitrophes. Il favorise également, d’après les premiers éléments que nous en avons, une gouvernance territoriale peu adaptée pour ré-équilibrer les territoires et réduire l’empreinte écologique. Enfin, il ne propose pas la mise en place d’une solidarité financière.
C’est pourquoi au projet du Grand Paris, nous préférons la vision élaborée par le Schéma Directeur Régional de l’Ile-de-France (SDRIF) et proposé par le Conseil régional Île-de-France qui favorise, au contraire, une polycentralité. La future métropole qui se dessine ne doit pas être une simple extension de la capitale qui créerait ou renforcerait à quelques kilomètres près une autre marginalité territoriale. Le développement que nous préconisons doit reposer sur un polycentrisme composé d’agglomérations regroupant 400 000 à 500 000 habitants et offrant toutes les fonctions d’une ville active, intense et des services de proximité. Cette configuration limiterait d’autant les déplacements et l’empreinte écologique. Mais attention, cette polycentralité ne doit pas se faire n’importe comment. Il ne faudrait pas qu’elle favorise, par exemple, l’implantation de l’empoi dans certaines agglomérations et le logement social dans d’autres ce qui conduirait à un renforcement des inégalités territoriales et sociales, une démultiplication des déplacements et un engorgement des lignes de transport en commun et du système routier. La polycentralité a également l’avantage de supprimer un échelon politico-administratif : le département qui n’aurait alors plus de raison d’être.
c- La proximité et les déplacements doux avant tout
Rapprocher le domicile du travail, favoriser les circuits courts entre donneurs d’ordre-prestataires-fournisseurs et aménager des équipements pour les habitants plutôt que pour le prestige, etc. sont indispensables à la mise en œuvre du plan climat et à la réduction des sources de pollutions (atmosphériques, sonores). N’oublions pas que le transport routier est la principale source de rejet de gaz à effet de serre et, qu’à titre indicatif, un Francilien produit en moyenne plus de 5 tonnes de C02 par an. Il est donc urgent de modifier l’organisation spatiale et territoriale de l’urbanité pour rendre la ville aux piétons, encourager la pratique du vélo et favoriser le recours aux transports en commun. Cela demande également de créer des transports de proximité, de diminuer les trafics de transit ainsi que d’inciter les entreprises à élaborer et mettre en oeuvre des Plan de Déplacements d’Entreprise (PDE).La réduction des pollutions doit s’accompagner de la réalisation d’infrastructures adaptées (zone trente, pistes cyclables, chemins piétonniers …), de la sécurisation des déplacements piétons et vélos et de l’installation de murs anti-bruit près des grandes voies de circulation routière et ferrée.
C’est pourquoi nous souhaitons que le Plan Local de Déplacements (PLD) soit mis en œuvre résolument et que de nouvelles pistes de réflexion soient proposées en matière de circulations douces et de liaisons inter-quartiers et inter-communales.
d- Déchets et gestion de l’eau : préserver l’environnement et réduire les coûts
Plaine commune a implanté deux déchetteries et a mis en place la collecte sélective des déchets qu’il est nécessaire, aujourd’hui, de renforcer et d’étendre à l’ensemble des habitants, ainsi qu’aux entreprises et aux collectivités territoriales. L’objectif doit également être de parvenir à une meilleure valorisation des déchets par leur recyclage. La diffusion du tri sélectif est une bonne chose, mais la gestion des déchets, des emballages en particulier, doit faire l’objet, sur notre territoire, de la mise en place d’une politique innovante pour réduire les déchets à la source. C’est-à-dire à agir auprès des industriels et de la grande distribution pour qu’ils revoient leurs conditionnements. Les communes et leurs groupements qui assurent plus des 4/5e des dépenses publiques dans ce domaine, n’ont pas vocation à payer indéfiniment pour les industriels et la grande distribution qui n’arrêtent pas de renforcer des pratiques de conditionnement toujours plus gourmande en emballages en tout genre.
La distribution de l’eau est de plus en plus coûteuse. L’enquête menée dernièrement par UFC Que Choisir rejoint les conclusions des précédentes enquêtes et rapports officiels. Elle montre, entre autres, que la facturation de l’eau potable distribuée sur 31 grandes villes de France génère des profits abusifs auprès des deux grands opérateurs privés. Le record est établi par le SEDIF (Syndicat des eaux d’Ile-de-France) auquel appartient notre communauté d’agglomération. Cette concentration extrême démontre que le jeu concurrentiel est défaillant. Pour les conseillers Verts et Citoyens, l’eau doit être un bien commun de l’humanité, l’accès à l’eau est un droit pour tous qui doit être géré sans recherche de profit et en toute transparence dans le cadre d’une structure publique. C’est pourquoi nous défendrons avec pugnacité le retour de la gestion de l’eau en Ile-de-France et sur notre territoire dans le domaine public d’ici à 2010.
Dominique Carré,
Président du Groupe Verts et Citoyens de Plaine Commune





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